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Piège à éviter

7 assurances que vous payez peut-être deux fois

Certaines garanties sont incluses partout sans être mises en avant nulle part. On les souscrit donc une seconde fois, en toute bonne foi.

8 min de lectureMis à jour le

Pourquoi ces doublons existent

Un contrat d'assurance n'est jamais un bloc : c'est un empilement de garanties. Le contrat habitation en compte souvent une vingtaine, dont plusieurs n'ont rien à voir avec le logement — la responsabilité civile de toute la famille, une assistance, une protection juridique, parfois une couverture des objets emportés à l'extérieur.

Ces garanties annexes ne figurent pas sur la plaquette commerciale. Elles apparaissent en page sept des conditions générales, sous un intitulé qui ne dit rien. Résultat : on souscrit ailleurs, en pensant combler un manque, une protection qu'on possédait déjà.

1. La responsabilité civile vie privée

C'est la championne toutes catégories. Elle est incluse dans la quasi-totalité des contrats habitation, et couvre l'ensemble du foyer : vous, votre conjoint, vos enfants, vos animaux, à la maison comme à l'extérieur.

On la retrouve pourtant aussi dans l'assurance scolaire, dans la garantie accidents de la vie, dans certains contrats de carte bancaire, et parfois vendue seule.

À vérifier dans vos conditions particulières

  • Le contrat habitation nomme-t-il explicitement les enfants du foyer ?
  • Les dommages causés par un animal domestique y figurent-ils ?
  • La garantie s'applique-t-elle hors du domicile, en France et à l'étranger ?
  • Quel plafond est prévu pour les dommages corporels causés à un tiers ?

2. L'assistance

Dépannage d'un véhicule, envoi d'un serrurier en urgence, rapatriement depuis l'étranger, garde des enfants en cas d'hospitalisation : ces prestations relèvent de garanties d'assistance présentes dans le contrat auto, le contrat habitation, la mutuelle et la carte bancaire.

Le déclencheur, lui, varie considérablement. Certaines assistances auto n'interviennent qu'au-delà d'une distance du domicile — un véhicule en panne devant chez soi peut n'être couvert par aucune.

3. La protection juridique

Les contrats auto et habitation en comportent presque toujours une, limitée aux litiges relevant de leur domaine. Une protection juridique autonome élargit le champ à la consommation, au travail ou au voisinage, mais recouvre nécessairement une partie de ce qui existe déjà.

OrigineChamp couvertPoint à vérifier
Contrat autoLitiges liés au véhicule et à la circulationSeuil d'intervention minimal
Contrat habitationVoisinage, travaux, litiges liés au logementPlafond d'honoraires d'avocat
Contrat autonomeConsommation, travail, fiscal, administratifDélai de carence après souscription

Les champs se recoupent : la question utile est de savoir ce que le contrat autonome ajoute réellement.

4. Les garanties de voyage

Assistance, rapatriement, frais médicaux à l'étranger, annulation, bagages : ces garanties peuvent provenir simultanément d'une carte bancaire haut de gamme, d'un contrat voyage annuel, de l'assurance vendue à la réservation, et parfois de la mutuelle.

Paiement par carte bancaire sans contact
Les garanties d'une carte ne se déclenchent en général que si le voyage a été payé avec elle.

Le sujet est traité en détail dans le duel carte bancaire ou assurance voyage.

5. La couverture du téléphone

Quatre protections peuvent se croiser sur un même appareil : l'assurance dédiée souscrite en magasin, la garantie légale de conformité de deux ans, la garantie des achats de la carte ayant servi au paiement, et l'option « objets nomades » du contrat habitation.

6. L'assurance scolaire

Elle réunit deux garanties de nature différente : une responsabilité civile, presque toujours redondante avec celle du contrat habitation, et une garantie individuelle accident qui, elle, apporte quelque chose de réel — la couverture de l'enfant qui se blesse seul.

Le doublon ne porte donc que sur la première moitié, sauf si une garantie accidents de la vie a déjà été souscrite : dans ce cas, les deux moitiés se recouvrent.

7. La garantie accidents de la vie

Elle intervient quand personne n'est responsable de l'accident : une chute chez soi, une blessure au sport. C'est un champ réel, que ne couvre aucune responsabilité civile.

Mais elle croise le volet individuelle accident d'un contrat scolaire, la garantie du conducteur d'un contrat auto, et surtout la prévoyance liée à un emploi salarié — souvent ignorée alors qu'elle couvre déjà l'arrêt de travail.

Les quatre questions à poser

  • Quel taux d'invalidité déclenche la garantie : 1 %, 5 %, 10 %, 30 % ?
  • Une prévoyance d'entreprise couvre-t-elle déjà l'incapacité de travail ?
  • Les accidents de sport et de loisirs sont-ils inclus ?
  • Quel capital est prévu en cas d'invalidité permanente ?

La méthode, en trois quarts d'heure

Rassemblez les conditions particulières de tous vos contrats — c'est le document qui décrit ce que vous avez souscrit, pas la brochure. Puis procédez garantie par garantie, et non contrat par contrat : c'est le seul angle qui fait apparaître les recouvrements.

  1. Listez vos contrats, y compris les cartes bancaires et les garanties incluses dans un forfait.
  2. Pour chacun, relevez la liste des garanties, sans vous arrêter au titre du contrat.
  3. Repérez les garanties qui apparaissent deux fois ou plus.
  4. Pour chaque doublon, comparez les plafonds, les franchises et les conditions de déclenchement.
  5. Conservez celle qui couvre le mieux, et interrogez votre assureur sur l'autre.

Ce qu’il faut retenir

Aucun de ces sept doublons n'est certain : ils dépendent entièrement de ce que contiennent vos contrats, que ce site ne peut pas lire. Ce qui est certain, en revanche, c'est que ces garanties figurent à plusieurs endroits chez la plupart des foyers, et qu'une relecture des conditions particulières est le seul moyen de le savoir.

Questions fréquentes

Si je suis assuré deux fois, serai-je remboursé deux fois ?
Non, pas en assurance de dommages : l'indemnisation ne peut pas dépasser le préjudice réel. Les deux assureurs se répartissent la charge. La seconde cotisation n'apporte alors rien, sauf si l'un des contrats couvre des situations que l'autre exclut.
Faut-il déclarer à un assureur qu'on est couvert ailleurs ?
En cas de sinistre, oui : la loi impose de signaler les autres contrats couvrant le même risque. C'est ce qui permet aux assureurs de répartir l'indemnisation entre eux.

Sources

Contenu rédigé et relu par la rédaction d’AssureMalin, à partir des sources publiques citées en bas de page. Une erreur, une imprécision ? Signalez-la à contact@assuremalin.com.

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